🧨 De nombreuses études épidémiologiques ont montré que l’usage de cannabis augmente le risque de survenue d'une schizophrénie et des autres troubles psychotiques.
🧬 Ce sont des maladies dites « complexes » dont l’origine est multifactorielle : l’émergence d’une schizophrénie est due à des multiples interactions entre l'exposition au cannabis et d’autres facteurs génétiques et/ou environnementaux (infection prénatale, trauma etc.)
🔍 Pour schématiser, le cannabis a un effet « loupe » sur une vulnérabilité préexistante pour la schizophrénie. Cette vulnérabilité peut s’exprimer lors des épisodes de consommation par :
☞ des expériences psychotiques transitoires (idées délirantes, hallucinations)
☞ des épisodes psychotiques brefs
❗️ Le fait de présenter des expériences ou des symptômes psychotiques est un signal d’alerte : il signe l’existence d’une vulnérabilité et du risque d’évolution vers un trouble chronique, qui augmente avec :
☞ la précocité de l’usage, le risque est maximal pendant la phase de maturation cérébrale à l’adolescence
☞ l’intensité de l’usage, avec une relation dose-effet.
🧨 Il n’y a jamais de réponse simple à la question : « est-ce que mon trouble aurait débuté même si je n’avais jamais consommé de cannabis ? ». En l’état actuel des connaissances, on peut retenir que :
☞ le cannabis n’explique pas à lui seul l’apparition de la schizophrénie, mais son usage peut déclencher un déséquilibre neurobiologique chronique (un peu comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase)
☞ le risque de schizophrénie est très clairement augmenté chez les personnes présentant des symptômes psychotiques lors de la consommation de cannabis
☞ comme on ne sait pas encore identifier qui est vulnérable ou pas, tou(e)s les adolescent(e)s doivent être considéré(e)s comme à risque !
🧨 Pour les personnes avec une schizophrénie, la poursuite de l’usage aggrave le pronostic avec :
☞ un âge de début plus précoce de 2 à 3 ans, ce qui est considérable à l’adolescence
☞ plus de symptômes positifs
☞ plus de rechutes et de réhospitalisations.
💊 Le cannabis a des effets neurobiologiques (↗ dopamine) opposés à ceux des antipsychotiques (↘ dopamine). Avant d’évoquer une résistance aux antipsychotiques, il faut s’assurer de l’absence d’usage de cannabis.
👩🏽⚕️ Le dépistage et la prise en charge de l’usage de cannabis sont indispensables pour les personnes avec une schizophrénie
☞ au minimum une information sur les conséquences négatives de l'usage: cet usage est tellement banalisé (y compris par les soignants) que ce risque est souvent sous-estimé
☞ une prise en charge addictologique si l’usage persiste : une simple incitation à arrêter est souvent inefficace, comme pour toutes les addictions
⚖️ L’impact de la légalisation du cannabis ne sera pas abordé ici. Cette question ne se résume pas aux risques pour la santé liés à l’usage d’une substance (cf alcool et tabac), et est surtout politique et économique.
