Travailleurs étrangers temporaires : boucs émissaires ou piliers invisibles du Québec moderne ?
Depuis quelque temps, un climat étrange plane sur le Québec. L’immigration – dans son sens le plus large – semble devenue à la fois le bouc émissaire idéal d’un gouvernement en quête de contrôle… et le joujou politique préféré de certains partis aux relents protectionnistes. Le discours dominant se résume ainsi :
« Oui, on a besoin d’immigrants… mais ils prennent trop de place. »
Ils roulent sur nos routes, occupent nos logements, fréquentent nos hôpitaux, nos écoles…
Mais permettez-moi de poser une question simple : Qui est le Québec ? Une identité en mutation !
Oui, le Québec a une histoire, une culture, une langue précieuse à préserver. Mais il a aussi une courbe démographique inversée, une natalité en chute libre, et une économie qui peine à recruter dans plusieurs secteurs cruciaux.
La réalité est là : la “souche pure” qu'on adule pour l'électorat ne suffit plus à faire tourner la machine.
Et non, la dame de 68 ans ne reprendra pas le quart de nuit au comptoir d’un fast-food.
Et non, le soudeur sans emploi d’hier ne pourra remplacer du jour au lendemain un expert venu des Philippines, formé aux normes de la construction navale.
Pendant ce temps, les travailleurs étrangers temporaires, que l’on applaudissait en 2020 comme des héros en pleine pandémie, deviennent aujourd’hui des cibles faciles, désignés comme ceux qui prennent la place de l’“autre”.
Mais de quel “autre” parlons-nous ? Il n'y en a pas !
C'est définitivement, une chasse aux sorcières déguisée en politique publique !
Aujourd’hui, on suspend sans préavis le CSQ – PEQ travailleur.
Pas d’annonce formelle ! Pas de respect pour ceux qui sont déjà là, intégrés, francisés, utiles.
Pas même une stratégie de transition pour les familles, les employeurs, les régions qui doivent faire preuve d'imagination pour garder leurs précieux travailleurs.
On nous vend un PSTQ “à venir en juillet”… sans dire comment les candidats y auront accès et encore moins de chance de se faire inviter à déposer leur CSQ...
On saborde l’existant avant d’avoir construit le futur.
Et pendant ce temps, les permis expirent, les espoirs s’effondrent, les régions se videront car le québécois ne fera toujours pas plus d'enfants.
💔 En voulant tout contrôler, on perd l’essentiel...
À force de chercher à plaire à ceux qui ont peur, le Québec risque de perdre son âme.
L’âme d’un peuple qui s’est lui-même construit par vagues d’immigration.
L’âme d’un pays qui s’est relevé grâce à celles et ceux venus de loin pour bâtir ici, chez nous.
Québec ! Il est temps de se réveiller ! Il est temps de reconnaître le rôle fondamental de ces travailleurs et d’arrêter de les sacrifier sur l’autel de la politique.
